Les personnes âgées, ou vieillissantes, peuvent souffrir d’angoisses liées à la mort, de dépression et d’anxiété.
- Les activités changent, et parfois le goût de faire se perd ;
- Les symptômes corporels augmentent ;
- Le corps vieillit et ne répond plus comme avant ;
- Les nuits peuvent être agitées, et les matins difficiles.
La personne âgée fait face à de nombreux chamboulements dans son corps qu’elle ne contrôle plus, et a l’impression que son temps est compté … parfois même qu’il n’y a plus qu’à attendre que la mort, tel la faux, qui viendra lui enlever la vie. Parfois, c’est l’inverse, il s’agit de nier la vie pour nier la mort : la seule façon de survivre psychiquement est de figer la vie pour éviter d’intégrer la mort à sa vie.

Rester vivant, alors que les autres, êtres chers ou voisins de palier dans les maisons de retraite, s’en vont, peut générer un sentiment de culpabilité intense. De même, que vieillir avec une rancœur intense, peut faire honte et culpabiliser. La colère peut ronger, et peut faire plonger dans la dépression.
Pour cela, il y existe différents axes de travail :
- Le travail de deuil : face à la multiplication des pertes douloureuses, d’un être cher (frères et sœurs, époux ou épouse), le vécu interne peut être terriblement mis à mal, car c’est une partie d’eux-mêmes qu’ils perdent. Et ils peuvent manquer de ressources pour faire ce travail de deuil.
- La recherche du sentiment de soi : Quitter sa place, sans savoir qu’elle était-elle vraiment, est loin d’être évident. Parfois, il s’agit de construire un sentiment de soi suffisant pour pouvoir quitter la vie paisiblement.
- Reprendre contact avec son histoire et ses souvenirs : se libérer des poids, remettre du lien là où cela a été coupé, avec soi-même, avec son entourage.
Avec un cadre ajusté prenant en compte le vieillissement (à domicile ou au cabinet, par exemple), et après une évaluation des ressources cognitives du client, il est tout à fait possible de faire une psychothérapie à ce moment de la vie. Car, c’est bien de cela dont il s’agit : avoir en-vie de rester en vie, rester vivant quand les autres meurent, rester actif malgré un corps qui ralentit. Il est effectivement très déstabilisant de garder une intégrité psychique et physique, quand le corps montre ses limites, et que celles-ci diminuent, jour après jour.
En donnant un espace à la parole, en reprenant contact avec certains souvenirs, en créant des liens, la psychothérapie peut permettre de :
- Continuer à rester acteur de son vivant, de poursuivre son histoire personnelle et d’accepter que celle-ci aura une fin ;
- Situer la fin de vie dans l’histoire personnelle ;
- Avoir une incidence positive sur les manifestations psychosomatiques ;
Aider le client à porter ce qu’il a du mal à supporter, parfois il s’agit de ses maux, de son impuissance, et de sa perte de contrôle.
Seulement, la psychothérapie pour les personnes âgées reste peu connue, voire peu reconnue, … parfois par les clients, eux-mêmes : « A mon âge, vous pensez bien, ça ne vaut pas la peine ! »
Assez méconnue à leur époque, elle peut être associée à la croyance que la psychothérapie serait réservée aux faibles ou aux fous. Ceci dit cette croyance a la dent dure, et ce, peu importe les générations, même si la santé mentale est aujourd’hui un sujet d’actualité et, au sujet duquel la parole se libère.
Que vous soyez médecins généralistes, ou de l’entourage des personnes âgées, n’hésitez pas à leur parler de cette possibilité.